Editorial

Edito Mars 2022
par l’Abbé Thierry Vandemoortele, curé

 
À l’ombre de la croix.

Par une froide soirée d’hiver, je marche dans les rues de la ville, j’aperçois la porte ouverte d’une église, j’entre comme aspiré par un appel indicible. Il n’y a personne, seule danse la silhouette fantomatique des statues de plâtre et, dans un halo de lumière, se détache l’ombre d’une croix.

Je m’approche de l’homme supplicié, nu, dépouillé, renié, abandonné ! Le Fils de Dieu crucifié n’est plus personne, il n’est qu’un exclu, méprisé de tous. La splendeur de Dieu a disparu de l’homme exposé au déshonneur. Jésus dépouillé de ses vêtements, rejeté de la société, n’est plus rien ! Dieu s’est dépouillé lui-même en prenant la condition de serviteur ; en devenant semblable aux hommes il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort même, jusqu’à la mort de la croix. (1)

Sur la croix, Jésus assume notre situation d’homme pécheur et signifie que le péché nous fait perdre notre dignité de Fils de Dieu et nous entraîne à la mort. Voilà le Dieu que nous suivons dans notre marche vers Pâques, un Dieu traité comme un bandit, crucifié, livrant sa vie pour sauver l’humanité et témoigner de son amour. Dieu nous invite à aimer comme lui !

L’heure est au dépouillement, commençons dès aujourd’hui ! Abandonnons nos vieilles habitudes, nos faux-semblants et visons la perfection du Christ. Faisons le tri, laissons de côté le superficiel et recentrons-nous sur l’essentiel. Apprenons à aimer, changeons notre regard sur les autres et regardons comme Jésus nous regarde. Écoutons sa Parole, dépouillons-nous du vieil homme pour revêtir l’homme nouveau. (2)

Notre monde sécularisé pense que la mort a le dernier mot et peine à croire à l’éternité. La Croix n’est pas le but ultime mais un passage : elle débouche sur le matin de Pâques.

Dans quelques jours nous célébrerons, dans la joie, la Résurrection du Christ. Alors, changeons notre regard, changeons notre cœur, quittons notre habit de tristesse et revêtons le vêtement de lumière de la miséricorde de Dieu. À l’ombre de la croix confessons : Christ est Vivant, Christ est ressuscité.

(1) Cf Philippiens 2 :5-9.
(2) Cf Colossiens 3 : 9-10