Edito Mars 2026
par l’Abbé Thierry VANDEMOORTELE, curé
« Faire mémoire »
Fêter l’anniversaire du petit dernier, suivre le défilé du 14 juillet, commémorer l’armistice le 11 novembre, sont autant d’occasions de nous rappeler ces instants qui marquent notre histoire personnelle ou collective et ces expériences restent gravées dans notre mémoire. La commémoration de ces épisodes érige des souvenirs, des monuments et égraine des dates.
Mais il y a des moments qui ont besoin d’être replacés dans leur contexte : le « faire mémoire », est un acte qui consiste à se souvenir activement d’un événement ou d’une personne ; un processus dynamique qui engage notre intelligence pour entretenir un lien vivant avec le passé et agir dans le présent.
Les disciples de Jésus avaient préparé le repas traditionnel de la Pâques mais l’évangéliste Luc nous conduit au-delà du récit d’un dîner entre amis. Pour les Douze il est le signe de l’intimité qu’ils partagent avec leur maître, l’aboutissement d’un long compagnonnage. Jésus est conscient de l’unité du groupe de ses disciples, mais sait qu’elle va être entamée par la trahison de l’un et la désaffection de beaucoup. Cette fraternité va éclater et chacun aura besoin de revivre ce moment pour rétablir l’unité : « Faites cela en mémoire de moi » dit Jésus.
Ce dernier repas de Jésus devient pour les chrétiens le sacrement central de la foi. Le « faire mémoire » invite à une présence réelle de l’acte fondateur du Christ, pour nourrir la foi et la vie spirituelle des croyants. Dans la tradition chrétienne il est une mise en présence qui rend l’événement accessible ici et maintenant, dans sa vérité et sa puissance. Le passé devient actif, transforme et unifie la communauté.
L’anamnèse – ou « faire mémoire de la naissance, de la Mort et de la Résurrection du Christ » – proclamée après le récit de l’institution à l’occasion de la messe, souligne que l’Eucharistie est plus qu’un simple rite. Le pain et le vin, signes visibles, deviennent corps et sang du Christ et symbolisent cette présence réelle du Seigneur. Elle actualise le mystère de Pâques, permettant de vivre dans une mémoire qui est source de vie, de communion et d’espérance.
La fête de Pâques que nous allons célébrer dans les jours à venir rappelle les événements de la fin de la vie de Jésus, mais plus qu’une commémoration, c’est la reconnaissance de la présence du Ressuscité au milieu de son peuple aujourd’hui comme hier !
Joyeuses fêtes de Pâques !
Abbé Thierry VANDEMOORTELE
Curé
