Editorial

Edito avril 2018

Comme citoyens, nous sommes responsables

Voici quelques semaines, la fondation abbé Pierre publiait son rapport annuel sur le mal logement en France.
Les chiffres sont terribles : entre ceux qui n’ont pas de logement personnel (vivant dans la rue ou à l’hôtel), ceux dont l’habitat est insalubre et ceux «en précarité énergétique» (ne pouvant payer l’électricité ou le gaz), ils sont environ 4 millions en France à souffrir d’être mal logés.
Mais le rapport met également en lumière la réalité souvent méconnue des logements surpeuplés.
Trop de familles vivent dans un logement d’une quinzaine de m² avec une seule pièce commune utilisée comme cuisine, salle à manger, salle de séjour et parfois chambre pour les enfants.
On pourrait penser : «Avoir un logement, même petit, vaut mieux qu’être à la rue».
Sauf que l’exiguïté des logements a d’énormes conséquences sur les résidents, notamment sur la santé, le développement et la scolarité des enfants.
Quand dans l’appartement, la seule table sert à la fois pour la cuisine, les repas et les devoirs des enfants, on comprend que la vie scolaire en soit perturbée.
Et sans possibilité de s’isoler, comment respecter le sommeil des plus jeunes ?
Le rapport parle pourtant de 8 millions de personnes vivant ainsi dans des logements surpeuplés.
Il en appelle à la responsabilité de l’Etat pour mener une politique à la hauteur de ce défi.
Mais la fondation abbé Pierre note aussi que l’état des logements n’est que le reflet des inégalités sociales qui ne cessent de se creuser dans notre pays.
Et là, en tant que citoyens, nous sommes tous responsables.
En révélant ces mauvais chiffres qui s’ajoutent à tant d’autres, cette étude pourrait générer en nous un certain fatalisme : que pouvons-nous faire ?
Pourtant, elle révèle aussi une réalité beaucoup plus positive de notre société qui devrait sans cesse nous émerveiller : Face aux difficultés qui peuvent sembler insurmontables, il existe toujours des hommes et des femmes qui se lèvent pour protester contre l’injustice et défendre ceux qui n’ont pas de voix.
Ils le font de bien des manières, souvent sans faire de bruit et sans rien attendre en retour.
Ce sont eux qui portent l’espérance de notre monde et lui ouvrent un avenir.
Puissions-nous être de ceux-là !
par l’abbé Nicolas Tiberghien