Editorial

Edito Avril 2021
par l’Abbé Thierry Vandemoortele, curé

Un peuple nouveau naît d’un tombeau

C’était le premier jour de la semaine, au lever du soleil, des femmes se rendent au tombeau de Jésus pour lui procurer les soins de l’embaumement. Les quatre Evangiles sont unanimes, ce sont des femmes qui découvrent le tombeau vide et sont les premières à proclamer le message pascal.
Ce matin-là, par leur témoignage, elles mettent au monde un peuple nouveau ; un peuple naît de la résurrection où chacune et chacun s’ouvre à sa vocation de disciple.
Par sa manifestation aux femmes, Jésus se démarque des pratiques de son époque et signifie son étonnante liberté dans ses relations avec elles. En faisant porter la Bonne Nouvelle par des femmes il ouvre une brèche et pose la question de leur rôle et de leur place dans la société juive et aujourd’hui dans notre Eglise.
Sous l’impulsion du Pape François, la place des femmes dans la gouvernance de l’Église catholique évolue – même s’il reste beaucoup à faire avant une légitimation véritable. Aujourd’hui il est primordial de chercher à développer, sur la base du baptême, une diversité de ministères qui peuvent être exercés par les laïcs, hommes et femmes. Pour le Pape tous les baptisés, hommes et femmes, ont reçu des dons de l’Esprit Saint qu’ils mettent au service de la mission. L’Eglise se doit de les reconnaître et de les promouvoir.
Récemment, il leur a accordé la possibilité d’être instituées lectrices et acolytes (1) et a nommé une femme sous-secrétaire du synode des évêques avec droit de vote dans ce cercle très fermé. Des décisions symboliques qui ouvrent une brèche et participent à la lutte contre le cléricalisme.
En France, quelques-unes sont membres de conseils épiscopaux, chancelières, responsables des services de la pastorale, etc… Même s’il reste des progrès à réaliser vers une reconnaissance sans réserve, affirmons que hommes et femmes disposent de la même vocation à conduire le défi de l’annonce de l’Evangile : Jésus est vivant, Il est ressuscité.

 (1) Dans une lettre apostolique : Motu proprio « Spiritus Domini » signée le 11 janvier dernier. Le lecteur est institué pour lire la Parole de Dieu dans les assemblées liturgiques, et doit tendre à acquérir davantage l’amour profond et la connaissance de la Sainte Écriture. L’acolyte est institué pour s’occuper du service de l’autel dans la célébration de la messe. Il lui appartient de distribuer la communion. Il doit s’initier à tout ce qui touche le culte et porter un amour sincère au peuple de Dieu, particulièrement aux faibles et aux malades.