Editorial

Edito juin 2018
Dieu est jeune !
Tel est le titre du dernier livre que le pape François adresse à la jeunesse.
Et j’ajouterais bien volontiers en sous-titre :
«Dieu est jeune, le pape aussi !»,
tant est puissant le souffle d’espérance qui traverse ce livre !
«Un jeune a quelque chose d’un prophète, écrit-il, et il faut qu’il en prenne conscience.
Il a les ailes d’un prophète, l’attitude d’un prophète, la capacité à prophétiser à dire,
mais aussi à faire
A nous de les aider à déployer leurs ailes, à libérer leur créativité.
Or, souligne le pape, «souvent nous ne les faisons pas rêver et nous ne sommes pas
capables de les enthousiasmer !»
Beaucoup de jeunes grandissent comme des orphelins, se sentant exclus et déracinés dans
une société sans racines.
Or, sans racines, nous ne pouvons ni grandir, ni produire de fruits.
Le pape propose alors une voie originale et innovante pour sortir de cette impasse : celle
d’un vrai dialogue entre les deux générations que la société actuelle a tendance à
marginaliser : les jeunes et les «vieux», c’est-à-dire ceux qui, du fait de leur âge, ne
portent plus ou pas encore le poids des responsabilités économiques ou politiques.
La mission des anciens, dit-il, est de transmettre aux jeunes la mémoire, c’est ce qui fait
d’eux les véritables «rêveurs de l’avenir» ; tandis que le salut des jeunes est de recevoir
cette sagesse des anciens pour la porter en avant.
Les jeunes ont besoin d’entendre les rêves de leurs ancêtres pour se projeter dans le futur
et affronter l’avenir avec audace et courage. Et le pape conclut :
«Les vieux rêveurs et les jeunes prophètes sont la voie du salut pour notre société
déracinée : deux générations d’exclus peuvent tous nous sauver».
À condition qu’elles se parlent…
Ce livre nous interroge donc, jeunes, adultes ou anciens, qui que nous soyons : Dans notre
vie quotidienne, en famille ou ailleurs, savons-nous créer les occasions qui rendent
possible ce dialogue entre les générations ?
Que cet été qui commence soit pour chacun de nous un temps favorable à de belles
rencontres et de beaux échanges entre générations.
par l’abbé Nicolas Tiberghien